Coût de création d’entreprise en 2026 : le vrai budget, poste par poste

Infographie : ce que coute la creation d'une micro-entreprise et d'une SASU en 2026, poste par poste

« Création gratuite », « 0 € de frais » : les promesses affichées en ligne ne racontent qu’une partie de l’histoire. Entre les frais fixés par la réglementation, les honoraires facultatifs et les abonnements qui démarrent dès le premier mois, le budget de la première année va de zéro à plus de 1 000 € selon le statut et les services retenus. Voici ce qui est incompressible, ce qui se négocie et ce qui se choisit.

Micro-entreprise : une création gratuite, pas une activité gratuite

Déclarer une micro-entreprise ne coûte rien. La démarche se fait en ligne sur le guichet unique des formalités d’entreprises, géré par l’INPI, sans frais de greffe ni annonce légale. C’est l’un des atouts du statut, mais la gratuité s’arrête à l’immatriculation.

La cotisation foncière des entreprises (CFE) arrive ensuite, avec un calendrier favorable aux débutants : rien à payer l’année de la création, une base réduite de moitié la deuxième année, et pas de cotisation minimum tant que le chiffre d’affaires ne dépasse pas 5 000 € par an. Le compte bancaire dédié devient obligatoire dès que le chiffre d’affaires dépasse 10 000 € deux années civiles de suite ; des comptes professionnels gratuits existent, avec des quotas de virements, ce qui permet de rester à zéro au démarrage.

Dernier poste, souvent oublié : l’assurance responsabilité civile professionnelle. Obligatoire pour certaines activités réglementées (professions de santé et du droit, agents immobiliers, garantie décennale dans le bâtiment), elle reste vivement conseillée ailleurs, dès qu’une erreur peut causer un préjudice à un client. Son prix dépend d’abord du métier : modeste pour un consultant, bien plus élevé pour une décennale.

Société : environ 226 € de frais obligatoires pour une SASU

Créer une société (SASU, SAS, EURL ou SARL) impose des frais fixés par la réglementation, que l’on passe par un professionnel ou non. L’annonce légale de constitution est facturée au forfait, selon un tarif revu chaque année par arrêté : en 2026, en métropole, 142 € HT pour une SASU, 124 € HT pour une EURL, 148 € HT pour une SARL et 199 € HT pour une SAS. S’y ajoutent les frais de greffe : 35,59 € TTC pour l’immatriculation et 20,34 € TTC pour la déclaration des bénéficiaires effectifs.

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Sans accompagnement, une SASU revient donc à environ 226 € TTC de frais obligatoires, une EURL à environ 205 €. Le capital social, lui, n’est pas une dépense : 1 € suffit légalement, et la somme reste à la disposition de l’entreprise. Son dépôt peut en revanche être facturé, de 0 € chez certaines banques en ligne à plusieurs dizaines d’euros ailleurs. Pour le reste de la procédure, ce guide des étapes pour créer une SASU détaille l’ordre des démarches, des statuts à l’immatriculation.

Infographie : ce que coute la creation d'une micro-entreprise et d'une SASU en 2026, poste par posteL’accompagnement : le poste le plus variable

Rien n’oblige à se faire accompagner. Un créateur à l’aise avec les formalités peut rédiger ses statuts à partir d’un modèle et déposer son dossier seul, mais un dossier incomplet ou des statuts mal rédigés se paient ensuite en délais, voire en frais de modification. À l’autre bout, l’avocat ou l’expert-comptable coûte nettement plus cher, un surcoût qui se justifie surtout pour un pacte d’associés ou un montage à plusieurs.

Entre les deux, les legaltechs (LegalPlace, Legalstart…) se sont imposées. Leurs formules d’entrée ne facturent parfois que les frais légaux ; les formules complètes, avec relecture par un juriste, montent à quelques centaines d’euros. Avant de choisir, un retour d’expérience comme cet avis sur LegalPlace aide à voir ce que couvre réellement chaque formule. Les codes de réduction qui circulent sur ces plateformes ne portent que sur les honoraires, jamais sur l’annonce légale ni sur le greffe.

Le compte professionnel : de 0 à une dizaine d’euros par mois

Pour une société, le compte professionnel est incontournable : c’est lui qui reçoit le dépôt du capital. Les offres d’entrée des comptes en ligne restent proches (tarifs HT en facturation annuelle) : 0 € chez Indy ou avec l’offre Free de Shine, limitée à 5 virements par mois, 6,90 € par mois chez LegalPlace Pro pour un micro-entrepreneur, 9 € chez Qonto ou avec l’offre Start de Shine. Dans une banque de réseau, l’abonnement dépasse souvent 30 € HT par mois, et les commissions de mouvement s’y ajoutent.

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Le prix affiché compte pourtant moins que les quotas : nombre de virements inclus, dépôt d’espèces, chèques, paiements hors zone euro. Un compte gratuit devient vite payant quand l’activité décolle. Pour comparer ces critères offre par offre, ce comparatif des comptes pro en ligne classe les principales banques professionnelles selon le profil de l’entreprise.

Comptabilité : le poste qui dure

En micro-entreprise, la comptabilité se limite à un registre des recettes (et des achats pour la vente) : un tableur ou un outil gratuit suffit. En société, il faut produire chaque année un bilan et une liasse fiscale. Un logiciel qui s’en charge coûte de l’ordre de 50 € HT par mois ; avec un expert-comptable en ligne, comptez plutôt 60 à 110 € HT par mois. Sur une année, c’est souvent le premier poste de dépense d’une SASU, loin devant les frais de création.

Le budget de la première année, en résumé

Une micro-entreprise peut démarrer sans rien dépenser : immatriculation gratuite, pas de CFE la première année, compte pro gratuit possible. Une SASU coûte environ 226 € TTC de frais obligatoires, puis ses abonnements prennent le relais : avec un compte à 9 € HT par mois et un logiciel comptable à 50 € HT, la première année dépasse déjà 1 000 € TTC. C’est donc moins la création que les services mensuels qu’il faut comparer.

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